Jeudi 11 mai 2006
2007, année érotique...
Lettre d'un militant troskissste de chez le facteur à pleins de gens

On dit souvent que dans l'amour, plus les préliminaires sont longs et plus l'orgasme est intense.
Si nous appliquons cela à 2007, nous allons avoir un feu d'artifice impressionnant !
Mais nous risquons également de rentrer dans les ordres si tout ce manège se termine par une pizza devant la télé.
Tic tac tic tac, on se renvoie la bombe en espérant qu'elle pète dans la main du voisin, c'est pas gentil.

Les partis bien sur ne jouent pas qu'un programme sur le papier mais également des années de construction souvent difficiles. Qui ont tous les défauts de la terre mais qui - bon grés mal grès – ont su faire exister une petite musique de résistance à des moments ou plus grands monde y croyait. Ils n'ont pas tous les mêmes responsabilités, certains ont gouverné d'autres non. Certains ont "trahi" d'autres ont "refusé de se salir les mains", on connait la musique. Bien sur qu'ils sont poussiéreux, bien sur qu'il faut autre chose, bien évidement qu'ils bouchent un peu le paysage, mais assurons à nos ancêtres une fin de vie décente que diable ! On va pas les foutre à la maison de retraite, on leur doit bien ça, accueillons les à la maisons, écoutons leurs histoires et quand ils radotent, pensons à autres choses...

Mais ne ménageons pas non plus les « engagés enragés apartides»: formidables et flamboyant/es, mais va y que je tortille un peu du cul des fois. Ex de partis ou sympathisant/es, éternelles compagnon/es de route, ou « moi jamais, vive le mouvement social ! ». Et va z y que « vous devriez faire ça ou pas ça vous les partis ». Indispensables, mais des fois c'est pénible quand tu rames dans ton organisation, que tu te fades des congrès de 58 jours avec des votes qui n'en finissent pas.
Le ou la syndicaliste pur et dure est un peu entre les deux et un peu maso quand même : il ou elle a les congrès interminables et la frustration de la perspective globale. Le barbecue mais pas le temps libre. Et la bonne excuse : la charte d'amiens, indépendance donc...pas d'engagement politique.

C'est avec tout ce beau monde que l'on doit réussir notre orgasme collectif de 2007, pas facile va falloir utiliser beaucoup d'huiles et d'onguent.

A mon sens les partis ne bougeront pas tout seuls. Et le mien pas plus que les autres, parce que nous sommes en tête dans les sondages de la gauche de la gauche (pour une fois) et que ça fais des années que l'on galère alors on est pas à deux ou trois ans prêts. Et aussi parceque "méfi !", méfi ! de se faire embarquer avec nos faibles forces (et oui, on reste tout petit !) dans une gauche plurielle bis remaniée promis-juré-cette-fois-ci-ce-sera different.
Il serait interessant d'ailleurs que certaines listes dites "alternatives" qui ont négocié des fusions de liste avec le PS aux municipales ou regionales dernières nous fasse un petit bilan, non ?

J'en crève d'une belle campagne unitaire dans le prolongement de la campagne du NON.
A mon sens, la seule façon d'y arriver, c'est que les collectif 29 mai se lancent. Trouver le programme qui convient et c'est pas difficile, il existe déjà, merci copernick, bravo la charte des collectifs !
Par rapport au PS, se mettre d'accord sur une formule qui ménage les succeptibilités tout en étant clair sur le fait que nous ne participerons pas à un gouvernement social-libéral (pas seulement sur le papier, mais aussi en fonction des personnes qui portent ce programme) et notre volonté de battre la droite. En gros, les soutenir comme la corde soutient le pendu.
Il serait d'ailleurs rigolo de demander à Ségolène ce qu'elle ferait si notre candidate était en tête à gauche. Appelerait elle a voter pour elle ou pour Bayrou ?
Enfin, trouver une candidate jeune féministe et écolo mais pas trop quand même (pas facile de concilier des decroissantistes et les pro-nucléaire), un peu prolo (ah oui ça c'est plus dur), commencer à faire campagne et puis voir ce que ça donne ! S'il y a une dynamique, ça fera bouger les choses et sinon...
et ben sinon, pizza devant la télé, qu'est ce que tu veux que je te dise...
Pour finir, je tiens à  dire que je suis bien dans mon organisation, c'est  un peu ma famille et je ne ferais pas campagne contre elle, mais des fois il faut savoir couper  un peu le cordon pour mieux lui revenir...

bises
jérémie
Par Collectif centre-ville Marseille - Publié dans : Candidatures unitaires ?
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Mercredi 10 mai 2006
Humanité - Politique
Marie-George BUFFET : « Mon objectif pour 2007 n¹est pas que les
antilibéraux se comptent mais qu¹ils gagnent »


Entretien . La secrétaire nationale du PCF appelle tous ceux qui veulent un
projet et des candidatures antilibérales à se rassembler partout en France
le 29 mai, et à créer des collectifs d¹Union populaire.
(EXTRAIT)

(.../...)

Humanité : La guerre Sarkozy-Villepin illustre à sa manière les dégâts de la
présidentialisation. Que proposez-vous face à ces dérives ?

Marie-George Buffet. Nous sommes effectivement dans une monarchie
présidentielle. L¹élection présidentielle façonne et domine toute la vie
politique. C¹est dangereux à court terme, on le voit avec la situation de
crise que nous connaissons, mais aussi à plus long terme parce que
s¹installe un bipartisme qui appauvrit gravement le débat politique.
D¹alternance en alternance, les sortants sont sortis, faute de changement
profond de politique et faute de réponse aux attentes des citoyens et des
citoyennes. Cela alimente le repli sur soi et le rejet de l¹autre qui
nourrissent la montée de l¹extrême droite. Un changement de République est
nécessaire, un profond changement de nos institutions avec des pouvoirs
renforcés pour l¹Assemblée nationale, la proportionnelle, la possibilité
donnée aux citoyens et aux citoyennes de participer à l¹élaboration de la
loi avec des référendums d¹initiative citoyenne, un nouveau rôle du Sénat.
Oui, Il faudra ouvrir le chantier de la construction démocratique d¹une VIe
République.


Humanité : Pour battre la droite, vous avez lancé un appel à la construction
d¹une majorité antilibérale à gauche. Mais avez-vous le sentiment que cette
majorité existe vraiment dans le pays ? On a l¹impression qu¹après chaque
grand élan social, la pâte retombe un peu.

Marie-George Buffet. Elle semble retomber mais les hommes et les femmes qui
se mobilisent dans ces mouvements restent disponibles, on le voit dans les
forums. Ils cherchent comment concrétiser leurs luttes dans une solution
politique. Une résistance à l¹offensive libérale s¹exprime en France depuis
des années. Il y a eu les grandes luttes de 1995, celles multiples contre
les licenciements boursiers et les délocalisations, le mouvement sur les
retraites. Et puis en quelques mois, le référendum, la révolte des banlieues
et la victoire contre le CPE. Mais à chaque fois, même avec la victoire, le
projet et la démarche politiques permettant une réponse durable à leurs
revendications n¹apparaissent pas lisibles.

Voilà pourquoi mon objectif, en appelant à un rassemblement antilibéral,
n¹est pas que les antilibéraux se comptent, n¹est pas d¹être l¹aiguillon du
Parti socialiste, c¹est de gagner. C¹est-à-dire de rendre ces idées
antilibérales majoritaires. Je mets l¹ambition à ce niveau-là, parce que la
situation de notre pays l¹exige et parce que notre peuple attend les
réformes qui répondront enfin à ses aspirations. Nous devons nous donner les
moyens qu¹une majorité politique de gauche porte un projet en rupture avec
le libéralisme, et ce jusqu¹au gouvernement.

Je veux pour cela qu¹un projet alternatif de transformation sociale soit mis
en débat dans tout le pays, qu¹il colore toute la gauche, qu¹il l¹imprègne
de toute une série de grandes propositions telles que la réforme de la
fiscalité, la sécurité d¹emploi et de formation, le droit de vote des
résidents étrangers, une protection sociale redevenue universelle, des
services publics démocratisés et élargis... Un nombre croissant d¹hommes et
de femmes de gauche doit s¹approprier toutes ces propositions.


Humanité : Et vous pensez possible de bousculer le paysage d¹ici 2007 ?

Marie-George Buffet. Je ne sais pas dans quelle configuration nous
parviendrons aux élections de 2007. Mais je me refuse à voir imposer à notre
peuple le bipartisme d¹alternance comme seul paysage politique : je ne veux
pas que les luttes et les espoirs soient piétinés par la droite, trahis par
un social-libéralisme ou bien encore stérilisés par une gauche émiettée. Je
veux que ces luttes et ces espoirs débouchent. C¹est pourquoi nous devons
nous efforcer de faire suffisamment entendre la voix de ceux et de celles
qui veulent que cette fois-ci le changement soit au rendez-vous. Le
rassemblement antilibéral est un atout pour une victoire de la gauche, et un
atout pour que cette fois elle réussisse.

On me demande parfois si j¹entends mettre des conditions au rassemblement de
toute la gauche lors du second tour. Pour ma part, c¹est une évidence, nous
devrons nous rassembler sans tractations pour battre la droite. Mais j¹ai
envie de dire que les « conditions » que nous voulons créer sont celles qui
permettront que la gauche ne déçoive pas de nouveau. Et ça, c¹est
maintenant, pas entre les deux tours, qu¹elles se construisent, dans le
débat, sur quelles propositions alternatives et quelles conceptions du
pouvoir. Et ce débat, nous voulons le mener grâce au déploiement, avant et
après les échéances électorales, d¹une dynamique populaire et citoyenne.


Humanité : Beaucoup expriment la peur de voir se rééditer 2002, l¹extrême
droite au deuxième tour...

Marie-George Buffet. C¹est une inquiétude sérieuse que je prends totalement
en compte et qui me motive dans cet appel au rassemblement. Si on en reste
au climat et au paysage politique d¹aujourd¹hui, ce scénario est possible.
J¹entends dire que pour éviter un nouveau 21 avril, il faudrait que le
candidat socialiste soit le candidat unique de la gauche. Ceux-là nous
disent : « Pour battre la droite, éviter la catastrophe, mettez-vous
d¹accord, on discutera après. » Pour d¹autres, c¹est : « Mettez-vous
d¹accord, Besancenot, Buffet, Bové, Laguiller. » Pour d¹autres encore,
souvent dans les mêmes salles, c¹est : « Mettez-vous d¹accord Royal, Buffet,
Voynet, Besancenot. » Face à toutes ces demandes, j¹ai envie de répondre :
« Je suis d¹accord pour qu¹on se mette d¹accord. » Je me bats pour le
rassemblement de la gauche. Mais « accordons-nous » sur une politique qui
permette de changer la vie ! Et pour cela, il ne suffit pas de se rencontrer
à quatre, huit, dix ou onze. Déjà, le PS annonce qu¹il aura un ou une
candidat(e). D¹autres formations à gauche également. Avec les communistes,
j¹agis pour ma part pour unir la gauche sur des propositions aptes à changer
la vie. Aux citoyens et aux citoyennes qui nous demandent de nous mettre
d¹accord, je leur propose... de se faire entendre, afin que cet accord
corresponde à leurs attentes.


Humanité : Comment ?

Marie-George Buffet. J¹ai lancé un appel au rassemblement sur des contenus
de transformation. Je propose que, lundi 29 mai, dans chaque département et
dans un maximum de communes, tous ceux et toutes celles qui sont d¹accord
avec cette idée se retrouvent. Pour faire la fête bien sûr, mais surtout
pour débattre et pour acter, tous ensemble, des propositions de changements.
Il existe beaucoup de convergences entre nous. Et j¹appelle à partir de là à
créer des espaces permanents - pourquoi pas des collectifs d¹Union
populaire, au plan local, départemental, voire national - permettant de
poursuivre le débat, mais aussi de réfléchir en commun aux candidatures aux
législatives et à la présidentielle. Je sais qu¹une proposition allant, je
crois, dans le même sens est lancée par d¹autres. Tant mieux, tout cela
converge.


Humanité : Vous avez lancé cet appel fin mars au Congrès du PCF, vous
proposez cette initiative du 29 mai, y a-t-il des réponses ?

Marie-George Buffet. Oui, ça marche. Dans beaucoup d¹endroits les
rendez-vous se prennent. Là où cela n¹est pas encore fait, j¹appelle les
communistes à s¹adresser à toutes celles et tous ceux qui aujourd¹hui ont
envie de ce rassemblement.


Humanité : Dans les sondages, la dynamique à gauche semble plutôt du côté de
la candidature Ségolène Royal. Comment appréciez-vous cette poussée dans les
sondages ?

Marie-George Buffet. Je crois que le soutien à cette candidature manifeste à
sa manière que nombreux sont ceux et celles qui à gauche cherchent des
solutions pour battre la droite. Et pour le moment, ils ne voient pas
d¹autres chemins proposés. Dans les mêmes sondages, les autres candidats de
gauche potentiels sont chacun crédités de 3 % à 5 %. Cela traduit à la fois
les doutes sur les possibilités de mettre en oeuvre une politique
radicalement neuve et un manque de crédibilité dû à la division. Avec
l¹appel que j¹ai lancé, avec les propositions alternatives qui ont été
débattues dans différentes initiatives, nous avons la possibilité de montrer
aux Français et aux Françaises qu¹il existe un chemin efficace capable, lui,
de battre durablement la droite : à nous de le dégager !


Humanité : Le PCF a avancé votre nom pour être cette candidature unitaire de
la gauche antilibérale. Cela ne risque-t-il pas de rebuter certains des
partenaires potentiels de ce rassemblement ?

Marie-George Buffet. Nous avons choisi la clarté en proposant qu¹une
candidature issue du PCF puisse être cette candidature de rassemblement. Le
PCF est à la fois audacieux, très exigeant sur les contenus et très ouvert
sur les contours du rassemblement. Il ne met aucune exclusive et vise le
rassemblement le plus large possible sur un contenu transformateur. Certains
disent que le fait que cette candidature soit issue d¹un parti est un
obstacle. Je ne partage pas cette idée. Aurait-on pu obtenir la victoire du
« non » sans les militants et les militantes politiques organisés, enracinés
dans des entreprises, des quartiers ou des villages ? Un candidat issu d¹un
parti est un atout s¹il devient le candidat du rassemblement. À condition
évidemment de mener une campagne vraiment originale. Nous y sommes prêts.


Humanité : Avec plusieurs porte-parole ?

Marie-George Buffet. Bien évidemment. Si la diversité du rassemblement
n¹apparaît pas, ce sera un échec. Rappelons-nous la force des estrades du
référendum, chacun disait ce qu¹il avait à dire, sans masquer ses
différences. Il faudra des porte-parole parmi lesquels la candidate ou le
candidat. L¹essentiel est que notre objectif commun soit clair lors de cette
échéance : battre la droite et donner à la gauche les moyens de réussir.
C¹est ce que notre peuple attend.


Humanité : Et aux législatives ?

Marie-George Buffet. Il sera possible de construire des candidatures portant
ce rassemblement dans toute la France. Il ne s¹agira pas de marchander les
circonscriptions. Il faudra à chaque fois désigner les meilleurs
porte-parole de ce rassemblement antilibéral.


Humanité : Olivier Besancenot vous a fait une proposition pour un repas à
quatre Buffet, Bové, Laguiller et lui. Va-t-elle dans le même sens ?

Marie-George Buffet. Il propose de décider à quatre du sort de ce
rassemblement. Mais quelle signification cela aurait-il ? Nous
déposséderions ceux qui se sont investis, citoyens et citoyennes,
collectifs, syndicalistes... Nous leur dirions : « Assez joué, c¹est nous
qui décidons. » Je ne suis pas pour cette solution. Ce n¹est pas la voie à
emprunter. Méfions-nous des formules qui peuvent plaire à la presse mais qui
ne peuvent pas répondre aux enjeux actuels. Mettons les décisions entre les
mains de tous.


Humanité : Le calendrier presse. Certains battent déjà la campagne. En juin,
la LCR prendra sa décision. Avez-vous le temps ?

Marie-George Buffet. Nous ne partons pas de rien. Le rassemblement se
construit déjà avec des convergences sur le projet. La question des
échéances électorales vient maintenant dans tous les débats. Pour leur part,
les communistes acteront leur décision en octobre. Mais pour avancer, il
faut faire le maximum d¹ici à l¹été pour pousser le débat. Il faut aller sur
les marchés, devant les entreprises avec l¹appel, le faire signer, organiser
des débats, rencontrer des syndicalistes, des personnalités de gauche, des
gens qui se battent contre la loi CESEDA, contre la précarité. Posons leur
la question : est-ce que les propositions que nous avançons sont celles qui
correspondent à vos attentes ? Beaucoup va se jouer dans les semaines à
venir. Faisons donc de la journée du 29 mai un rendez-vous important pour la
constitution de ce rassemblement !

Entretien réalisé par Pierre Laurent, Olivier Mayer et Jacqueline Sellem


Article paru dans l'édition du 9 mai 2006.
Par Collectif centre-ville Marseille - Publié dans : Candidatures unitaires ?
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Mercredi 10 mai 2006
Olivier, causons, mais vite !, par José BOVE
LE MONDE | 09.05.06 | 14h18 € Mis à jour le 09.05.06 | 14h18


Il y a une semaine, dans ces colonnes, Olivier Besancenot a proposé que nous
"causions" de l'éventualité d'une candidature unitaire de la gauche
"antilibérale", lors de l'élection présidentielle de 2007. Je lui réponds
bien volontiers que je suis prêt à causer avec lui comme avec beaucoup
d'autres, à la condition toutefois que nous parlions sans arrière-pensées
et, surtout, sans préalables. L'unité est une démarche qui, pour réussir et
rassembler vraiment, ne supporte pas les considérations tactiques. Elle
suppose, en revanche, une volonté qui transgresse les intérêts respectables
mais identitaires des formations politiques qui en seraient parties
prenantes. L'enjeu, en effet, n'est pas tant une coalition qu'une dynamique
électorale.

Où en sommes-nous ? Un an après la victoire du non au référendum sur la
ratification du projet de Constitution européenne, et quelques semaines
après la mobilisation populaire victorieuse contre le CPE, l'alternative est
clairement posée. Doit-on se résigner à ce que nos gouvernants - fussent-ils
de gauche - conduisent des politiques d'adaptation à la mondialisation
libérale, avec tous les dégâts sociaux collatéraux que l'on connaît ? Ou
peut-on, dans les urnes et dans la rue, imposer de nouvelles orientations
dont le fondement soit de combattre réellement le chômage, de redonner
espoir à toute une génération et d'en finir avec l'exclusion sociale ?

La campagne présidentielle qui s'ouvre est l'occasion d'en débattre pour
toutes celles et tous ceux qui sont scandalisés par les parachutes dorés des
patrons du CAC 40, qui refusent d'offrir comme seule perspective aux jeunes
un avenir de précarité, qui imaginent une société plus solidaire et plus
démocratique, bref qui souhaitent remettre le monde en mouvement. Ce débat,
me semble-t-il, appelle deux démarches intimement liées. D'une part, il
s'agit bien de discuter du fond des choses, autrement dit d'un projet
politique qui rompe avec la logique économique libérale et productiviste de
ces vingt-cinq dernières années. D'autre part, il est décisif de partager la
discussion avec l'ensemble des acteurs du mouvement social et pas seulement
avec les appareils politiques.

Le spectacle qu'offre le Parti socialiste, hélas, n'est pas de nature à
faire oublier le 21 avril 2002 et ses tristes conséquences. L'unité
retrouvée dans la bataille contre le CPE camoufle mal un grand
questionnement programmatique. Les sondages les plus flatteurs ne peuvent
faire office de projet de transformation sociale. Les socialistes, par
exemple, sont-ils tous d'accord pour revenir au contrat unique de travail à
durée indéterminée ? Sont-ils tous d'accord pour mettre en chantier une
nouvelle République ? Sont-ils tous d'accord pour la régularisation de tous
les sans-papiers ? Sont-ils tous d'accord pour prendre acte de la volonté
populaire de construire une Europe sociale et démocratique ?

La gauche qui combat la mondialisation libérale, en revanche, paraît plus
homogène sur les grands enjeux de 2007. Il faut naturellement le vérifier et
le valider. Mais, de la Ligue communiste révolutionnaire jusqu'au Verts, en
passant par le Parti communiste, les alternatifs et tous les acteurs des
mouvements sociaux, il semble qu'il y ait un large consensus aujourd'hui sur
un programme de rupture avec la logique du tout-marché, du tout-libéral.
Nous sommes, en effet, à peu près tous d'accord pour proposer un plan
d'urgence et d'intégration sociale pour les plus démunis, pour assortir le
contrat de travail d'une sécurité sociale professionnelle tout au long de la
vie, pour considérer que les salariés ne doivent plus nécessairement être la
variable d'ajustement pour les actionnaires, pour réclamer la
proportionnelle aux législatives et une profonde réforme des institutions,
pour exiger que les prochaines élections européennes soient "constituantes",
pour imposer un moratoire sur les OGM et le projet d'EPR.

Ce large consensus ne suffirait cependant pas à dynamiser une candidature
unitaire qui ne serait pas portée par toutes les composantes du mouvement
social. Je comprends bien que Marie-George Buffet s'imagine la mieux à même
de fédérer la gauche du "non", qu'Olivier Besancenot rêve d'incarner la
"gauche anticapitaliste" ou même que la gauche des Verts ait tenté de
promouvoir une candidature labellisée "gauche radicale". Mais la légitimité
de l'unité ne peut se passer des acteurs syndicaux, associatifs ou
"mouvementistes" qui espèrent et réclament, d'une manière ou d'une autre, un
autre débouché électoral aux luttes que la dispersion entre de multiples
candidatures à la gauche du PS.

C'est de cela qu'il convient désormais de discuter tous ensemble. L'un des
enjeux majeurs du cycle électoral qui vient, ne l'oublions pas, est de
briser la spirale de l'abstention et du découragement dans les couches de la
population les plus exposées à l'exclusion ou à la souffrance sociale. Il
n'y aura pas de remobilisation électorale sans processus démocratique de
discussion et de conviction dans les milieux populaires, à commencer par les
banlieues. A nous d'imaginer le chemin d'une proposition puis d'une
désignation, quel que soit notre candidat ou notre candidate, dont le point
d'aboutissement ait une portée symbolique autrement plus forte que le vote
des seuls adhérents d'un parti.

Voilà ce dont je suis prêt à discuter avec Olivier et beaucoup d'autres, en
ayant la ferme intention d'être disponible, le cas échéant, pour soutenir de
toutes mes forces la candidature unitaire qui apparaîtrait la meilleure. J'y
ajoute, toutefois, deux conditions. D'abord je souhaite qu'il s'agisse bien
d'une démarche collective de campagne, bousculant les règles de l'aventure
individuelle et donnant la priorité au collectif plutôt qu'à la starisation.
Ensuite je considère que l'ennemi principal doit bien être désigné comme la
droite et l'extrême droite, et non pas, indirectement ou subrepticement,
comme le Parti socialiste. Si nous sommes d'accord, il n'y a plus beaucoup
de temps à perdre. Causons, mais vite !


José Bové est membre de la Confédération paysanne.


Article paru dans l'édition du 10.05.06

Par Collectif centre-ville Marseille - Publié dans : Candidatures unitaires ?
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Mercredi 10 mai 2006
Sans papiers

Compte rendu de l'AG du lundi 8 mai à la Maison de l'etranger occupée par les Sans Papiers du CSP13 depuis le 31 mars.
Moins de discussions ce soir, en attente du verdict du tribunal d'instance demain.
Des interrogations sur les risques encourus à donner son nom en cas de passage d'huissiers.
Demandes que l'avocat puisse être présent demain soir à l'AG
 
Rappel des différents rdv de la semaine
- mardi 10 h : rassemblement annulé concernant la conférence de presse du préfet
- mardi 17h : réunion des organisations en soutien à la lutte du CSP à la Bourse du Travail
- mardi 18h30-19h : AG à la MDE
- mercredi 16h Porte d'Aix : manif hebdomadaire du CSP, direction Préfecture
- vendredi 16h : manif MDE-Préfecture à l'initiative de la CGT (?)
- samedi 15h Porte d'Aix : manifestation à l'initiative d'une trentaine d'organisations contre projet de loi CESEDA
 
 
Vous trouverez ci dessous le communiqué de presse des organisations unies contre une immigration jetable suite à l'annulation de la conférence de presse du Préfet de mardi 9 mai pour l'inauguration du centre de rétention d'Arenc-Canet. Certains ont répondu au 1er envoi.
Il peut encore être changé jusqu'à minuit. Après il peut être diffusé largement.
Florimond GUIMARD
RESF
 
 
NON A LA RETENTION, FERMETURE d'ARENC-CANET
Marseille, le 8 mai 2006
 
Le nouvel accueil sarkozien marseillais pour les jeunes sans papiers, alias centre de rétention Arenc le Canet, doit ouvrir ses portes dans les prochains jours pour mieux les refermer cet été sur les familles sans titre de séjour.
La machine à expulser les Sans Papiers est en rodage et nous, parents, enseignants, militants associatifs, syndicaux, politiques, citoyens marseillais... avons le devoir de la stopper, de la démonter à moins d'y perdre une partie de notre dignité.
C'est ce qu'à voulu faire entendre au préfet de région, M. Frémont, la trentaine d'organisations unies contre une immigration jetable qui ne laisseront pas commettre des infamies en leur nom.
Celles-ci avaient prévu de perturber sa conférence de presse d'inauguration mardi 9 mai en matinée, en se rendant le plus près de ce centre de la honte, armées de slogans, casseroles, tambourins, banderoles...
Finalement nous venons d'apprendre que cette conférence de presse a été curieusement reportée.
Ce grain de sable dans cette machine de traque des Sans Papiers bien huilée montre qu'il n'est pas impossible de faire reculer les valeurs qui ne sont pas les nôtres, qui ne sont pas celles de la République.
Les enfants à l'école, pas en rétention. Liberté de circulation.
C'est ce que nous n'aurons de cesse de porter dans les prochains jours, en particulier samedi 13 mai dans la manifestation contre le projet de loi CESEDA de Sarkozy, 15h Porte d'Aix.
 
Cimade, PCF, RESF, LCR, Solidaires, SUD Ptt, Les Verts, CCFD, Pastorale des migrants, Collectif sans papiers, FSU, Médecins du Monde, 1000 Bâbords, Espace Accueil Etranger, FNARS, ATMF, ASTI Aix-en-Provence, MRAP, FCPE, Femmes en noir, Aix Solidarité, Collectif Formation Travail Social, Alternative Libertaire, Coordination Etudiante Aix, UDAS, Association Transculture, LDH, Le Rouet à coeur ouvert, Amnesty International, Résister, Ballon Rouge, FIDL,  Les Alternatifs,  Pour une République Sociale, SOS Racisme,  SUD Etudiant, Témoignage chrétien, UDAS...
Par Collectif centre-ville Marseille - Publié dans : Soutien aux sans-papiers
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Mercredi 10 mai 2006
- Prochain rendez-vous du collectif :

mercredi 17 mai 18H
LOCAL PC COURS JEAN BALLARD
ODJ : compte rendu des assises du 13 mai à Paris
Par Collectif centre-ville Marseille - Publié dans : collectif-29-mai
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