Mardi 2 mai 2006
Bonjour!
J'ai signé sur le site de soutien en ligne à la candidature de José Bové
et je vous envoie ci-dessous le commentaire que j'ai ajouté ; c'est un élément de réponse au message de Christian Garnier.
Cordialement,
J.M.
Au moment de signer l'appel à une candidature José Bové je voudrais l'assortir d'une proposition très précise :
- ce n'est PAS UNE QUESTION DE PERSONNE : il faut un candidat (et des candidats aux législatives, j'y reviendrai) qui incarne les valeurs et le positionnement de la gauche antilibérale, celle qui s'est notamment exprimée par le non de gauche au projet de constitution européenne (à quoi il faut ajouter les antilibéraux qui ont voté oui par tactique en croyant bien faire). Et il faut un candidat qui d'une façon ou d'une autre dépasse les intérêts des partis tout en travaillant avec eux. Les idées existent : aussi bien les documents de la Fondation Copernic ou d'Attac que des tas de choses qui se discutent au niveau local. Nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais il est clair que les différents courants à gauche de la gauche ont appris à travailler ensemble, notamment dans des cadres communs comme Attac ou comme les collectifs du 29 mai. Or José Bové peut incarner ces idées, cela correspond aux combats qu'il a menés et bien menés ces dernières années. Et, chose non négligeable, c'est une personne à qui on peut faire confiance (jusqu'à preuve du contraire il ne s'est pas rendu coupable d'une soif immodérée du pouvoir, ni d'un goût pour la magouille). Cela dit, ce n'est pas José ou rien : on peut très bien imaginer d'autres candidatures à gauche de la gauche.
- mais il faut absolument que José Bové PRENNE POSITION. Il y a des réticences au sein du PC et de la LCR à opter purement et simplement pour une candidature unitaire. Il faut (en toute amitié) contrebalancer ces réticences. C'est un peu ce que fait l'appel pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale. Si José Bové mettait son "autorité morale" dans la balance en disant clairement qu'il est prêt à participer à un processus unitaire, et que ce processus doit (et aurait dû) s'enclencher sans attendre, cela aiderait à dépasser les réticences. Il faut créer une dynamique, ou plutôt deux : une dynamique dans l'opinion publique, et une dans les partis et les divers regroupements militants. Si on ne le fait pas l'électorat ne se mobilisera pas ! Nous n'avons que trop tardé!
- peut-être José hésite-t-il à se mettre en avant comme candidat à la candidature présidentielle ... et on le comprend ... Mais justement, il ne s'agit pas forcément de cela : nous avons devant nous trois élections : la présidentielle, les législatives (qui pourraient même peut-être passer avant la présidentielle en cas d'aggravation du discrédit actuel du gouvernement), et ensuite les municipales. C'est dans l'ensemble de ces élections que peut se construire un pôle unitaire à gauche de la gauche, notamment les législatives pourraient permettre que s'exprime à la fois la diversité et une pratique de confiance mutuelle entre diverses composantes (certains candidats étant plutôt écolos, d'autres plutôt PC, plutôt extrême-gauche, plutôt gauche du PS ... ou plus représentatifs de tel ou tel combat ... on pourrait aussi jouer sur des "tandems" candidat-suppléant). Pour que cette perspective se réalise, j'aimerais que José Bové annonce qu'il est prêt à y participer, PAS FORCEMENT EN TANT QUE CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE, mais par exemple en tant que membre du "staff" d'un ou une candidat(e) à la présidentielle, ou en tant que candidat aux législatives! Cela permettrait à la fois de déployer ce "drapeau", cette image de ralliement qu'est la personne de José, et de ne pas fermer ni personnaliser la question de la présidentielle. Cela permettrait à la fois de créer un événement médiatique et de montrer que nous ne faisons pas de la politique à coup de campagnes publicitaires, mais que nous ouvrons un débat entre les citoyens sur la meilleure façon de préparer ensemble les élections (en discutant sur les idées, les engagements programmatiques, et enfin les personnes). On pourrait ainsi éviter deux pièges : d'un côté l'attentisme, de l'autre l'image déplorable d'une valse-hésitation laissant redouter un combat des chefs désespérant.
A bon entendeur, salut! Je crois sérieusement qu'une intervention de José Bové aiderait à débloquer cette situation et que c'est de sa responsabilité de le faire.
(Je suis membre d'Attac à Marseille et je m'exprime ici à titre personnel).
J.M.
Par Collectif centre-ville Marseille
-
Publié dans : Candidatures unitaires ?
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander